« Franc et mesuré, Yves Gras est pourtant l’une des figures incontournables de Gigondas. Arrivé au domaine en 1985, il a tout fait pour produire des vins à la profondeur exemplaire. Les parcelles de Santa Duc sont tirées au cordeau et rigoureusement tenues. La barrique a été très vite remplacée par les foudres et le Mourvèdre prend une place importante dans les assemblages. »
Distingué pour son bâtiment de stockage et espace de vente alliant béton, bois, verre et métal, le domaine viticole mise sur le haut de gamme à l’export, sur le négoce comme activité complémentaire, et investit dans l’acquisition de vignobles à Châteauneuf-du-Pape.
Nouveau bâtiment Domaine Santa Duc Gigondas
Le domaine viticole Santa Duc, à Gigondas, vient d’être primé lors du concours Bétons agricoles du Syndicat national du béton prêt à l’emploi à Clermont-Ferrand, pour son bâtiment de stockage de bouteilles, espace de vente et dégustation. Le bâtiment contemporain et discret, recouvert de pare-soleil en bois, conçu par les architectes Febvay et Dany et réalisé pour la partie béton par l’entreprise Rodari à Nyons, remporte le prix de la valorisation du patrimoine.
“Nous avions besoin d’étendre notre capacité de stockage. Le caveau de dégustation était sommaire. Nous avons fait d’une pierre deux coups en décidant de construire ce bâtiment de 700 m2, qui abrite aussi nos bureaux, colle à notre image de marque”, explique Yves Gras, le patron.
2012, une année de patience et de stratégie en vallée du Rhône
Vendanges 2012 en Vallée du Rhône - Domaine Santa Duc
Une année viticole pleine d’épreuves pour la plupart des régions viticoles françaises. Après les gelées sévères du mois de février, le débourrement des vignes était irrégulier en vallée du Rhône. Néanmoins, grâce au printemps fertile alternant soleil et pluies, la végétation a vite rattrapé tout retard, garantissant de très bonnes conditions pour le déroulement de la floraison.
Après un été chaud, voir assez sec au mois d’août, nous avons débuté les vendanges le 17 septembre. De belles maturités et une gestion heureuse nous ont permis de vendanger les Syrah et Cinsault, tout comme les parcelles précoces de Grenache, avant les orages de fin septembre. Les parcelles tardives de Grenache et Mourvèdre ont accueilli l’eau de pluie avec joie, permettant de finir la maturation avec sérénité.
Les raisins présentent de jolis équilibres entre le sucre et l’acidité, promettant des vins généreux et croquants, avec des taux d’alcool autour de 14% vol. et des valeurs de pH compris entre 3,5 et 3,7. Fruité ou épicé, juteux ou avec une bonne structure tannique, chaque parcelle nous a donné des raisins de caractère, promettant un beau potentiel de vin pour l’assemblage et l’élevage.
Dégustation du Gigondas Prestige des Hautes Garrigues 2010 du Domaine Santa Duc
Six mois après la mise en bouteille, revenons sur notre Prestige des Hautes Garrigues et sur ce millésime exceptionnel en Vallée du Rhône.
Le nez semble discret, mais entame rapidement une ascension en puissance et richesse aromatique. Beaucoup de fruits et d’herbes sauvages, cerise et griotte, myrtilles et fraises des bois, laurier, romarin, révèlent la jeunesse du vin, tout comme les notes de cacao, de tabac blond et de cannelle rappellent les foudres en bois de chêne dans lesquels cette cuvée a été élevé durant 18 mois. En bouche, minéralité et fraîcheur dominent le gras et la puissance, créant un vin élégant et féminin, qui présente néanmoins une structure tannique non-négligéable. Le poivre se lie aux fruits, la fumée aux herbes, la figue sèche et le citron confit donnent finesse et profondeur aux flaveurs très persistantes.
À déguster frais après carafage dès cet hiver, ou à savourer sur de longues années. Robert Parker décrit ce vin comme sensationnel ! « La robe sombre et pourpre est accompagnée par des savoureux arômes de crème de cassis, de cerise, de mûre et d’une multitude d’herbes grillées, de viande rôtie et de réglisse. Une intensité extraordinaire, une sensation »multidimensionnelle« en bouche et une finale qui dure plus de 40 secondes. Cette »beauté« se dégustera bien pendant les deux prochaines décennies. »
Yves Gras du Domaine Santa Duc à Gigondas dit ce qu’il pense du cépage méditerranéen Carignan. Artisan du Grenache, il apprécie néanmoins les nouveaux et anciens cépages de la Vallée du Rhône, tel que le Mourvèdre et le Carignan.
Sous un ciel bas mais sec, Yves Gras rentre les raisins de ses parcelles les plus précoces à Gigondas et Vacqueyras. Avec concentration et bonne humeur, l’équipe internationale de vendangeurs (Vaucluse, Espagne, Afrique…) tri soigneusement les raisins à la vigne, tandis qu’ Yves se penche sur la benne pour enlever d’éventuels grains abîmés et feuilles tombées dans les seaux. Peu de raisins, mais des raisins juteux et goûteux pour ce millésime 2012, d’ailleurs le premier millésime certifié VIN BIO pour le Domaine Santa Duc, à la vigne comme à la cave.
Les orages fin Septembre ont apporté des pluies plutôt bénéfiques pour les parcelles et cépages tardifs de Santa Duc, dont les raisins seront vendangés dans la première moitié du mois d’octobre.
Malgré le faite qu’il s’agit d’un des cépages les plus plantés au monde (200.000 hectares environ), le Grenache reste relativement peu connu pour bon nombre de consommateurs de vin et il se trouve toujours dans l’ombre des stars des 20 dernières années – Cabernet et Cie. Originaire d’Espagne, le Garnacha s’est répandu autour de la Méditerrannée vers la fin du 19e siècle.
Aujourd’hui il produit dans ces régions quelques vins à grand renommée, tel que Gigondas et Châteauneuf du Pape, et sa présence dans les vins est primordiale dans bon nombre d’appellations, tel que le Languedoc, le Priorat ou encore la Rioja. La majorité des vignes de Grenache se trouve en effet en France et en Espagne (85% de la surface de Grenache mondiale), mais sa popularité est croissante et on peut le trouver en Australie ou en Californie, où ce cépage est d’ailleurs défendu par les Rhône Rangers.
Les vins de Grenache ont la réputation d’être de véritables et puissantes bombes à fruit. Et c’est vrai, il y en a quelques-uns : souple, rond et doux, des arômes de framboise, de confiture de fraise… Mais il y en a d’autres et beaucoup d’amateurs de vin apprécient le Grenache à cause de son étonnante capacité d’allier la puissance à la délicatesse, la complexité aromatique, l’élégance tannique et une finale en finesse. Pour créer un tel vin, il vous faut évidemment pas seulement un beau cépage, mais en plus en terroir adapté et un vigneron curieux et expérimenté.
Solitaire et bon coéquipier
Dans certains vignobles, comme en Vallée du Rhône par exemple, le Grenache ose faire de l’ombre à la Syrah et au Mourvèdre. Mais même s’il s’impose dans certains vignobles et même si dans de nombreux terroirs le Grenache se suffit à lui-même, il apprécie néanmoins la compagnie d’autres cépages dont il connaît les qualités : à l’aide de la légèreté du Cinsault, de la droiture du Carignan et du sérieux du Mourvèdre, on crée les excellents vins rouges et rosés bien typés de la méditerranée. Mais n’oublions pas non plus le Grenache blanc, cépage d’assemblage par excellence, ami de la Clairette blanche, du Viognier, du Muscat, Picpoul et autres Marsanne et Rousanne.
Il semble néanmoins que le Grenache aurait une certaine faiblesse, un véritable coup de cœur pour la Syrah. LA Syrah, un des rares cépages français au prénom féminin, sait apporter des qualités au Grenache dont il se sert volontairement : couleur sombre et mystérieuse, arômes de violette, de framboise et de myrtille, de truffe noire et de tabac blond dans les vins vieillis. Et en bouche c’est avec son élégance incontestable, qu’elle modère parfois la fougue du Grenache.
Ailleurs qu’en France, les assemblages à base de Grenache rencontrent un succès grandissant, comme par exemple en Australie, où les GSM-blends (assemblage Grenache Syrah Mourvèdre) font déjà partie des classiques.
Le Pinot noir du sud ?
Le Grenache a quelques points communs avec ce grand cépage bourguignon.
Premièrement : Les deux cépages existent en trois couleurs. Car à part du Grenache noir, on cultive également du Grenache blanc et du Grenache gris en méditerranée, même si cette dernière variante fait presque parti des cépages oubliés. Comme le Grenache noir, le blanc et le gris sont également souvent associés à d’autres cépages, pour faire des vins blancs frais et épicés. Et n’oublions pas non plus le vin rosé, grand gagnant des dernières années, car de plus en plus populaire et produit dans de nombreux vignobles au monde (France, Espagne, USA, Italie…), souvent à base de Grenache, de Syrah, de Mourvèdre, de Cinsault…
Deuxièmement : Les deux cépages sont très délicats et assez fragiles et seul les mains les plus attentives et douées arrivent à entièrement extraire le potentiel aromatique et gustatif de la pulpe et des pellicules et d’en faire un vin harmonieux.
Troisièmement : Ils sont vêtus d’une robe assez claire, faite qu’on leur a souvent reproché dans le passé.
Quatrièmement : Les deux cépages sont capables de nous donner des vins rouges avec bouquets étonnants et complexes, remplis d’épices et de fleurs, et heureux sont souvent ceux qui trouvent les vins de Grenache les plus délicats, avec un bouquet qui « pinote ».
Cinquièmement : Les deux cépages craignent l’air et sont assez sensibles à l’oxydation.
Mais avec tout ça il faut reconnaître, qu’il y a aussi des différences entre les deux cépages. L’un est surtout un cépage du nord, l’autre un fruit du soleil. Le Pinot fuit la puissance, tandis que le Grenache semble la défier et des vins de Grenache avec 14,5 % Vol. ou plus ne sont pas rares. Mais n’ayez pas peur, la quantité n’est pas importante, c’est l’équilibre qui fait le goût !
Yves Gras, vigneron à Gigondas, m’a dit une fois que « le secret des grands terroirs de Grenache est justement de préserver l’acidité et la fraicheur dans les raisins. »
Pour finir, je ne peux que vous conseiller de partir à la découverte du Grenache, si ce n’est pas déjà fait. Votre palais vous le remerciera.
Le Mourvèdre vient de mars, la Syrah de Vénus – les cépages complices au Domaine Santa Duc
Et oui c’est vrai, à Gigondas le Grenache ose faire de l’ombre à la Syrah et au Mourvèdre. Mais même s’il s’impose dans ce vignoble de la Vallée du Rhône, et même si dans de nombreux terroirs le Grenache se suffit à lui-même, il aime néanmoins se sentir bien entouré par d’autres grands cépages.
C’est pour cela que le Mourvèdre et la Syrah dans une moindre mesure occupent aujourd’hui une place importante dans notre vignoble, pour des raisons différentes. Car LA Syrah, un des rares cépages français au prénom féminin, sait apporter des qualités au Grenache dont il se sert volontairement : couleur sombre et mystérieuse, arômes de violette, de framboise et de myrtille, de truffe noire et de tabac blond dans les vins vieillis. Et en bouche c’est avec son élégance incontestable, qu’elle modère parfois la fougue du Grenache.
Le Mourvèdre que nous affectionnons plus particulièrement quant à lui, regarde les deux souvent avec une certaine distance. Plus sérieux, plus discret, c’est un véritable homme de l’ombre dans nos vins, qui sait rester discret, tout en contrôlant l’assemblage. Noir, sombre et confituré dans son fruit, c’est surtout pour sa structure tannique qu’il s’est fait aimer… ou craindre.
Cépage tardif, le Mourvèdre ne se plante pas n’importe où, au risque de ne pas l’emmener à pleine maturité. Dans ce cas, il s’exprime avec grossièreté et rend la vie du vinificateur bien difficile. Mais dans le terroir tardif de Gigondas, le Mourvèdre prend ses aises, aussi bien dans les sols alluviaux des Hautes Garrigues, que sur les hauteurs calcaires des Dentelles de Montmirail. Il apporte droiture et raison à nos vins, tout comme la fraîcheur de ses tanins serrés et fins.
Habemus Papam - nous avons un pape - c’est ce que nous pouvons finalement dire au Domaine Santa Duc quelques jours après la mise en bouteille de notre premier vin issu du terroir Chateauneuf-du-Pape.
Habemus Papam Santa Duc - VinParleur
C’est en 2009 que nous avions acquis une belle parcelle de vignes, vieille d’une quarantaine d’années, sur des sols sableux au nord-est de l’appellation. Vendangés pour la première fois en 2010, millésime épanoui en Vallée du Rhône, les raisins ont été vinifié avec des levures naturelles et quelques raffles, avant de pouvoir se reposer et s’harmoniser pendant plus d’un an en foudre de chêne dans la cave de notre domaine.
Sur l’étiquette, Jean XXII est à l’honneur. Issu de Cahors, ce premier des papes qui choisit Avignon comme domicile fit planter la première vigne pontificale et construit un château neuf dans ce qu’il allait devenir Chateauneuf-du-Pape.
C’est un vin à grande majorité de Grenache agrémentée de quelques grappes de Mourvèdre, l’œil clair, le nez fin et élégant, la bouche succulente, tendue et douce. Après s’être présentée récemment dans quelques dégustations confidentielles à l’occasion des grands salons en France et ailleurs, cette fille de Châteauneuf, née dans le terroir des Saintes Vierges, délicieuse voisine de La Crau, se dit aujourd’hui prête pour se présenter à vous.
Bonne d’esprit, notre papesse vous invite à savourer, à boire et à rire. Vin divin ou presque ? Nous vous laissons le soin de le découvrir par vous-même…
Par ailleurs, nous sommes heureux de vous informer, que nous venons d’acquérir 2,5 hectares de vielles vignes sur Chateauneuf-du-Pape aux lieux-dits La Crau et La Font du Pape, ce qui porte à 3,75 hectares la surface de nos vignes sur cette appellation.