Dans la même famille depuis 1874, ce domaine est conduit à partir de 1985 par Yves Gras. Ce dernier a d’emblée adopté l’agriculture biologique pour ses vignes de Gigondas (certifiées depuis 2012) et plus récemment pour celles de Châteauneuf-du-Pape (certifiées en 2015) : 30 ha en tout. Côté chai, plus de barriques, mais des foudres et des jarres en terre cuite pour privilégier l’expression du terroir.
Le nez de ce 2014, réservé de prime abord, s’ouvre doucement sur la framboise, la groseille et les épices à l’aération. Le palais se montre équilibré, offrant un bon volume, de la fraîcheur et du velouté, avec en soutien des tanins fermes et de qualité. 2018-2022, cailles rôties.
Le pape réside toujours à Châteauneuf ! Habemus Papam 2013 Santa Duc
Qu’elle semble loin cette époque, où les vins du Rhône vous passaient sur la langue comme un Hummer à la mécanique bien huilé. Ce n’est pas que les vins gros et gras me déplaisent forcement, mais dans le doute, je voterai toujours pour l’élégance et la finesse plutôt que pour la force et le bruit. Et ça malgré les très bons souvenirs des années 90 au son puissant des Cranberries, Daft Punk et Nirvana, agrémenté de vins bodybuildés et surdimensionnés.
Nirvana
Mais retournons à la décennie actuelle. Plus que jamais, le vin semble aujourd’hui être à la recherche d’harmonie et de raffinement. C’est une quête heureuse, car souvent couronnée de succès. La preuve de mon affirmation se trouve dans cette bouteille de Châteauneuf-du-Pape du Domaine Santa Duc.
Discret mais non sans présence, le vin déploie un séduisant bouquet floral et fruité. Étonné, je m’accroche aux notes de pâtisserie fine qui surgissent en même temps que cette étrange certitude de retrouver des arômes de Pinot noir, tandis que mon beau-frère, lui-même pâtissier et boulanger, s’extasie devant la fraicheur du zeste de citron qui lui monte dans les narines.
Habemus Papam Domaine Santa Duc
Dégusté à l’aveugle, je situerai ce vin certainement dans une région plus septentrionale que sur les mythiques sables et galets du vignoble papal. En bouche, ce sont l’acidité minérale et citronnée, ainsi que la douceur qui règnent sur les tanins jeunes et fins. Si je devais vous le décrire en trois mots, je dirais : harmonieux, fin et juteux. Un vin qui fera plaisir à votre palais dès cet automne, mais dont les capacités de garde ne devraient pas être sous-estimées.
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE
Pour rendre hommage à la fois à la légèreté et à la présence de ce vin, tentez une fricassée de légumes grillés, accompagnée de quelques copeaux de parmesan et d’une réduction de balsamique ou une tatin de champignons avec une brunoise de racines caramélisées. Amoureux de fromage ? Ne reculez pas devant un Brie de Meaux (truffé ou pas).
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE OU ICHTYOPHAGE
Rognons de veaux avec une réduction au vin rouge, carré d’agneau sauce thym et miel, linguine aux radicchio braisé, moules et poivre noir… Vous pouvez vous lâcher !
Nouveau caveau Santa Duc au cœur de #Châteauneuf-du-Pape
Après 7 années de présence dans le vignoble papal, nous avons souhaité souligner notre affection pour Châteauneuf-du-Pape en ouvrant un caveau au cœur du village. Guidé par Christophe Aru, sommelier expérimenté, vous pourrez y découvrir et y déguster les cuvées et sélections de terroir de Châteauneuf-du-Pape et de Gigondas, nos cuvées de Vacqueyras et de Rasteau, ainsi que de généreux Côtes du Rhône et Villages. Une sélection de vieux millésimes et de gros contenants vous permettra de voyager dans le temps, à travers les grands cépages et terroirs de la Méditerranée.
En attendant de vous accueillir au caveau, nous vous souhaitons un bel été !
Yves Gras et Christophe Aru
Le Caveau Santa Duc
1 Avenue Charles de Gaulle
84230 Châteauneuf-du-Pape
Tel : 04 90 25 02 53
caveau@santaduc.fr
Du lundi au samedi, de 10h à 18h30
Santa Duc propose des cuvées parcellaires à Gigondas et Châteauneuf-du-Pape
L’idée est simple : toute grande région viticole au monde permet de créer des vins capables d’exprimer les caractéristiques d’un terroir. C’est valable pour la Bourgogne autant que pour la Californie, pour l’Alsace comme pour la Vallée du Rhône.
Chose pensée, chose faite. Au bout de plusieurs années de recherche et d’observations, Yves et Benjamin Gras du Domaine Santa Duc ont mis en bouteille leurs premières vinifications parcellaires du millésime 2014, issues de différents lieux dits de leur vignoble. À Gigondas, ils ont choisi de mettre en avant le terroir du « CLOS DERRIÈRE VIEILLE », un terroir d’altitude, situé sur les contreforts calcaires des Dentelles de Montmirail, au-dessus du vieux village, ainsi que « LES HAUTES GARRIGUES », lieu-dit qui entoure le domaine, où Grenache et Mourvèdre s’enracinent dans des alluvions d’argile rouge et de cailloutis. La cuvée « AUX LIEUX DITS », un assemblage de 8 terroirs différents complète la gamme de Gigondas.
Trois vins aussi pour leur gamme issue du vignoble de Châteauneuf-du-Pape. La cuvée « HABEMUS PAPAM », qui rassemble tous les terroirs de Santa Duc dans cette appellation et deux vinifications parcellaires. Dans le quartier des « SAINTES VIERGES » au nord-est de l’appellation s’expriment Grenache, Mourvèdre et Counoise avec douceur et finesse, tandis que de vieux ceps de Grenache vous parlent d’élégance et de saveurs puissants dans le terroir de LA CRAU OUEST.
Dégustés ensemble, les vins vous racontent une histoire passionnante sur la puissance du terroir de ces deux appellations emblématiques, tandis que chaque vin dégusté à part, vous promet une belle rencontre avec le vin.
« Le vin doit et peut se défendre tout seul ! » C’est John Gillespie, célèbre économiste et observateur du marché du vin aux États Unis, qui prononçait ces mots lors d’un entretien en 2013. Quelque peu détournés, car Gillespie répondait à une question sur la nécessité des accords mets-vin, ils soulignent néanmoins une interrogation que nous portons sur la construction et particulièrement sur l’élevage de nos vins depuis plusieurs années.
Probablement apparu au VIe siècle avant notre ère, l’utilisation des tonneaux a été perfectionné par les Gaulois, afin d’y loger vins, cervoises et autres breuvages. Son utilisation s’est généralisée à partir du IIIe siècle, mais son heure de gloire sonna à partir des années 1980, quand la barrique était adulée pour son impacte gustatif sur le vin.
Conscients de ce que le chêne peut apporter à nos vins, nous avons néanmoins considérablement changé les rapports entre les deux au cours de ces dernières années. Les foudres ont remplacé les barriques neuves, les jarres en Terracotta se sont fait une place dans nos caves et nous comptons davantage sur la qualité de nos terroirs et de leurs raisins pour bâtir l’identité de nos cuvées.
Après un an d’élevage, les vins placés dans les jarres de 800L se montrent confiants et épanouis. Les pur grenaches de La Crau Ouest marquent le palais par des tanins fins et fondus, et sont animés par une vivacité minérale et saline, des arômes de prunes fraîches, de fleurs de cerisier et quelques notes de poivre blanc. Les Hautes Garrigues, bien que majoritairement constituée de Mourvèdre, surprend par sa densité et sa rondeur, ainsi que par la complexité de ses arômes.
Nous voilà aussi confiants et déterminés que nos vins à poursuivre cette expérience. Nous avons fait l’acquisition de jarres supplémentaires pour l’élevage du dernier millésime.
2015 - Manifeste d’un millésime heureux dans le #Rhône
Encore en pleine cueillette, les premiers fruits rentrés nous ont déjà donné un bel aperçu de la qualité du millésime. Nos vignobles n’ayant pas subi le poids d’une canicule au mois de juillet, les raisins se présentaient avec un très bel équilibre sucres/acides et une qualité polyphénolique exceptionnelle. La précocité de l’année annoncée au printemps s’est réduite à quelques jours seulement, grâce aux orages et pluies bénéfiques du mois d’août. Les dégustations de baies de raisin et les premières vinifications en route, laissaient pressentir un millésime harmonieux, sans excès de chaleur et de puissance.
Fidèles à notre objectif de respecter la fraicheur et le fruit, les vinifications ont été effectuées à des températures relativement fraîches, sans dépasser 25°C afin de préserver l’aromatique délicate du Grenache, avec des durées de cuvaison de 12 à 18 jours. Après de premiers essais concluants d’élevage en jarre de Terracotta sur le millésime 2014, nous avons décidé d’augmenter la quantité de jarres dans le chai.
La dernière récolte était tardive. Le secteur Gigondas, Plan de Dieu, Rasteau…, n’a subi que peu de précipitations pendant le mois de septembre, ce qui nous a permis d’atteindre la pleine maturité dans des conditions sanitaires favorables. Nous avons en effet vendangé les derniers raisins le 10 octobre.
Persuadés que le goût du vin prend racine dans le terroir et ses fruits, notre travail en tant que vinificateurs est minutieux et peu interventionniste. Notre objectif principal est de préserver l’entière qualité du raisin : un tri soigné de fruits mûrs, aromatiques et frais, une fermentation avec des levures naturelles, des temps de macération et une extraction douce adaptées au profil tannique des raisins.
Au moment de l’encuvage nous utilisons de faibles doses de soufre sécurisant pour éliminer les souches de levures problématiques. Cela correspond parfaitement à notre philosophie. Ni ami, ni ennemi du soufre, nous adaptons son utilisation aux besoins de chaque millésime, de chaque contenant et de chaque cuvée. La sensibilité à l’oxydation des différents cépages, la fréquence des soutirages pour éliminer les lies, l’ouillage des foudres et barriques et la fraîcheur constante de notre chais d’élevage présentent, entre autres, des facteurs essentiels à prendre en compte pour un vieillissement et une maturation réussie. Seul l’ensemble de ces paramètres permet aux vins d’évoluer vers l’harmonie gustative et la libre expression de leur origine.
La quête d’une expression pure et noble du fruit et de nos terroirs a guidé notre travail de vinification et d’élevage ces dernières années. Le bois joue toujours un rôle important dans la maturation de nos vins. L’ouillage et l’apport de tanins du bois permettent une oxygénation et une évolution maîtrisée, tout en respectant la fragilité d’un cépage comme le Grenache. En remplaçant la majeure partie des barriques par des foudres, nous avons néanmoins considérablement changé le rapport de force entre ces deux éléments qui sont le bois et le vin. Il nous semble primordial de garantir que le dernier garde toujours la main sur le premier.
Dans la continuité de cette démarche, nous avons renforcé notre cuverie d’élevage de trois jarres en terre cuite d’Impruneta de 800 litres chacune. Dans ce haut lieu de poterie italienne proche de Florence, on extrait en effet depuis des siècles une argile particulièrement adaptée à la fabrication de jarres. Façonnées à la main, ces récipients sont parfaitement lisses et étanches et permettent d’élever le vin sans apport tannique et aromatique. Leur forme spécifique favorise l’expression du fruit et préserve la minéralité et la tension des vins. Pour ce premier millésime, les trois jarres accueillent respectivement un vin à base de Grenache issu de la Crau à Chateauneuf-du-Pape et un vin à base de Mourvèdre vinifié à partir des raisins des Hautes Garrigues de Gigondas.
Habemus Papam 2012 de Santa Duc - la dentelle de Châteauneuf-du-Pape
Quand un vigneron installé à Gigondas au pied des Dentelles de Montmirail transpose son savoir-faire aux sols caillouteux et sableux de La Crau et des Saintes Vièrges, un vent frais semble se lever sur ces terroirs de Châteauneuf-du-Pape. En bouteille depuis le printemps, le millésime 2012 en est la preuve vivante !
Habemus Papam Domaine Santa Duc Chateauneuf-du-Pape
Sa couleur est apaisante : rouge sang, très claire, avec une légère touche de violette. Un premier nez très frais, très fruit, suivi par une ouverture assez rapide sur des épices douces, du poivre et des arômes balsamiques. Un bouquet jeune et tonique, que l’on retrouve au palais et qui raisonne longtemps encore en finale.
Finement salée, la bouche a quelque chose de caillouteux, de sablé. Est ce que c’est le caractère minéral de ce vin ou est ce que ce sont ses tanins délicats, très frais et jeunes ? Difficile à dire, car ce vin de Grenache et de Mourvèdre, déjà délicieux, mais bâti pour l’avenir, ne semble nullement pressé de reveler tous ses secrets.
La solution ? Soyez aussi patients que lui, trouvez lui une place dans votre cave et faites-en votre compagnon de table pendant les 10 prochaines années.
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE : aubergines confites, poêlée de champignons, curry au légumes de saison…
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE : côtelette de veau sauce au vin rouge, filet mignon à la moutarde et pintade aux morilles dans sa jeunesse, saltimbocca de faisan à la romaine (enveloppé de sauge et de jambon cru), pigeon rôti aux cèpes et fromages affinés type « Époisses » après quelques années de vieillissement.