On ne peut faire autrement que de déguster ce pur Malbec 2009 dans le silence. Le bouquet, d’abord discret, s’ouvre petit à petit, comme si le vin avait peur de demander trop à notre nez. Du fumé à l’horizon, des griottes, puis du fruit en crescendo avec des arômes de myrtille, de cassis et de l’olive noire. L’élevage sait se montrer discret, en ajoutant seulement quelques notes de noisette et de chocolat noir, avant de laisser la place au monde végétal – menthe, violette…
Il enroule la langue avec jeunesse et finesse, surveillé de près par les tanins sérieux et précis qui accompagnent la bouche aisément vers une finale longue et élégante. Un vin noble issu d’un très grand millésime à Cahors, à déguster sans retenue aujourd’hui, dans 8 ans, dans 16 ans…
Ici on est déjà en territoire du Malbec : de ce vin noir et opaque émane un intense bouquet de fruits noirs, de fumé et de chocolat et autres épices.
Dense et suave en bouche, sauvage mais aimable, on a envie de croquer à pleines dents les tanins qui chatouillent le palais, avant de se reposer au fond du verre parmi les senteurs de cannelle, de vanille et de terre fraîche.
J’aime toujours associer un jeune Malbec de Cahors au magret de canard ou on bon poulet rôti aux épices tel que coriandre, cumin, gingembre. À tester peut-être au 17 avril, journée international du Malbec - Malbec World Day...
Boudin noir, Gigondas et les portes du paradis - Santa Roc d’Yves Gras et Rémy Pedreno
Il y des jours avec et des jours sans… C’est pareil pour tout le monde. Un vendredi, après une semaine laborieuse, je m’arrête chez mon boucher multinational préféré, avec des saveurs bien précises dans la tête. Un bon morceau de boudin noir aux oignions, quatre pommes et un paquet de riz de Camargue plus tard, me voilà dans la voiture en direction de la maison.
Une fois arrivée, tous mes trésors se retrouvent aussi tôt, épluchés et tranchés, dans diverses casseroles et poêles en train de cuire, de frire et de fondre, des oignions doux relevés au Curry en plus. Puis je plonge dans ma cave, qui n’est en vérité qu’une simple garage dans laquelle les voitures sont interdites…
C’est du 2009 que je cherche, un Gigondas plus précisément, de chez Yves Gras. En bouteille depuis cinq mois, je ne l’ai pas encore gouté depuis sa sortie de la cuve. Après quelques minutes de fouilles dans les cartons je le tiens ! Santa Roc 2009, millésime splendide dans le sud de la France, travail de deux vignerons méditerranéens – Remy Pedreno de Roc d’Anglade et Yves Gras de Santa Duc à Gigondas.
Le bouchon sorti, un premier verre pour une première impression s’impose. Il fallait bien quatre mains de vigneron pour mettre autant de fraicheur dans cette cuvée dominée par le Grenache en une année comme 2009 ! Les arômes plutôt sur les fruits acidulés, griottes, groseille, les épices ne se trouvent pourtant pas loin et se montrent surtout en bouche. Portés par une acidité quasi cristalline, ils enrobent avec élégance la montée en puissance du vin au milieu de bouche, du poivre, une pointe de cannelle, un brin de fenouil, une pincée de grains de coriandre moulus… Jeune et fougueux, ce vin support la carafe, mais elle ne s’impose pas.
Et alors, quand quelques instants plus tard à table ce Gigondas se mélange aisément au moelleux du boudin, au croquant du riz, au fruité des pommes, puis à la douceur des oignions et aux épices du curry, je ressent la quasi certitude, qu’aujourd’hui c’est un jour avec…