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Clos l’Abbé, un #Champagne d’orfèvre

22 avril 2014, par Sebastian Nickel

En ce qui concerne l’élaboration du Clos l’Abbé, Champagne d’Hubert Soreau, je peux confirmer qu’il s’agit vraiment d’un travail d’orfèvre. Issu de trois petites parcelles situées dans l’historique Clos l’Abbé à Épernay (un des plus vieux clos de la Champagne, car on peut dire avec certitude que la vigne y poussait déjà au 9e siècle !), ce vin est élaboré avec un seul et unique cépage, le Chardonnay. J’aime le Chardonnay, car ce cépage arrive souvent à me surprendre, à se présenter d’une façon inattendue. Il peut être subtil et discret, gras et paresseux, puissant et léger, beurré, citronné, vanillé, minéral ou pointu, charnu et juteux... Alors je devrais peut-être plutôt dire que j’aime « les » Chardonnay. Bien entendu il y également des Chardonnay qui sont parfaitement ennuyeux. Car ce n’est pas un cépage magique non plus et pour qu’il donne un vin digne de ce nom, il faut le traiter avec un minimum de respect.

CHAMPAGNE CLOS L'ABBE

C’est chose faite chez Hubert : taille « Chablisienne », pas de désherbage chimique, vendanges à la main en caissettes, pressoir vertical, vinification en fût de chêne, tirage pour prise de mousse manuelle et à l’ancienne (avec bouchon liège) et vieillissement sur lattes d’au moins 3 ans avant dégorgement.

Le dernier tirage du Clos l’Abbé a été fait début avril. Une excellente occasion pour moi d’y participer « de loin » en ouvrant une bouteille du Clos dégorgé il y a quelques mois : des bulles fines et régulières traversent le vin de couleur or pâle parfaitement limpide et brillant, pour former une légère couronne en surface. C’est assez apaisant...

Je l’ai d’ailleurs servi dans un verre à vin et non dans une flûte. Parfaitement adapté aux vins mousseux qui mettent surtout en avant leur aspect visuel, la flûte s’avère néanmoins trop étroite pour les Champagnes et autres mousseux qui possèdent des qualités olfactives supérieures. Ces derniers méritent plus d’espace pour s’exprimer pleinement.

Le Clos l'Abbé sortie du pressoir

Et le Clos l’Abbé profite amplement du volume que le verre met à sa disposition : pêche blanche et poire pour le côté fruit, des notes grillées, un peu de noisette et de la brioche beurrée côté gourmandise. Après quelques minutes et après avoir gagné un ou deux degrés en température, le bouquet s’enrichi de poivre blanc et de quelques fruits secs. Alors que je pourrais encore passer des heures le nez penché au-dessus du verre, je ne résiste pas à la tentation de le déguster et de le boire. L’ouverture sur une minéralité droite et tendue comme l’acier me surprend et me réveille de mes rêveries olfactives. Rapidement la vivacité fond et laisse place à la douceur et au gras. Le picotement des fines bulles, parfaitement intégré au vin, est présent du début jusqu’en finale, accompagné de l’aromatique déjà rencontrée au nez, enrichie de quelques notes d’amandes fraîches et de fleurs discrètes.

En goûtant ce vin c’est facile d’affirmer qu’un « Champagne peut accompagner un repas entier ». Je suggère de le servir tout seul en apéritif, puis de l’associer à une terrine de lapin aux pistaches et à la coriandre, à un poisson un peu gras en papillote avec du poivre blanc et de la vanille, le tout accompagné d’une polenta bien crémeuse, de passer ensuite à un bon bout de parmesan pas trop vieux et de terminer sur un classique de la patisserie française, le Paris-Brest...



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