Paroles de vignerons - Vinparleur - Winzer talk

Pourquoi j’aime le #Carignan - Notre cépage du mois

8 juin 2015, par Sebastian Nickel

Que dire sur le Carignan, à part que j’aime ce cépage ? Vous vous demandez pourquoi ?

RÉPONSE COURTE : Rendez vous dans une dégustation de Carignan et vous saurez !

RÉPONSE INTERMÉDIAIRE : Il a du caractère, du nerf, du fruit et des épices. Ces tanins sont frais et ont beaucoup de relief. Il peut vivre plus que cent ans. C’est un résistant : on ne voulait plus de lui, on l’a arraché, mais il est toujours là ! Il existe en trois couleurs, noir, gris et blanc, comme beaucoup de grands cépages. Il nous donne des vins de plaisir, des vins pour la table et des vins de garde.

Pierre Cros Carignan

RÉPONSE DÉTAILLÉE : Je l’ai rencontré pour la première fois dans mon verre à la fin des années 90. J’ai commencé à travailler avec lui en 2002, en Languedoc, plus précisément dans le Minervois. Pour ceux qui ne s’en rappellent pas : il a plu en septembre 2002. Beaucoup. Il y a eu pas mal de dégâts dans les vignes un peu partout, et je me rappelle d’une parcelle de Carignan centenaire inondée. La parcelle était (et est toujours) située dans un terroir que l’on appelle « Les Aspres », ce qui désigne habituellement les terroir caillouteux et secs. Ici les vignes plongent leurs racines dans 50 cm de sol environ, avant de se heurter à une dalle rocheuse. C’est cette dernière d’ailleurs qui a provoqué l’inondation, car les trombes d’eau tombées ne pouvaient tout simplement pas s’en aller vers des couches de sol inférieurs. Personne ne croyait au millésime 2002 et il est vrai que quantité de raisins ont été touchés par la pourriture et une partie des vins élaborés semblaient un peu « dilués ». Mais ce Carignan 2002, j’en ai encore dans ma cave. Il a aujourd’hui presque 13 ans et il est encore magnifique !

Je l’ai retrouvé en 2003, année de canicule. C’est encore lui qui s’en est sortie le mieux, avec ses vieux collègues régionaux (Terret, Alicante, Cinsault, Picpoul…). C’est curieux, non ? Et pourtant, il y a encore de nos jours des gens, des experts même, qui font la différence entre ces cépages traditionnels et les cépages « améliorateurs », pour la plupart venus d’ailleurs et pas forcement adaptés au conditions parfois extrêmes des vignobles méditerranéens. Ce que dont chaque cépage a besoin, c’est un terroir adapté et un climat adapté, un rendement réfléchi, un soin convenable, une vinification et un élevage valorisant. Et il nous donnera du bon vin. Tout simplement.



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