Paroles de vignerons - Vinparleur - Winzer talk

Le bouchon de liège n’est pas mort !

8 octobre 2013, par Sebastian Nickel

Nous connaissons tous cette fâcheuse expérience d’une bouteille de vin bouchonnée : moisie, terreux, carton mouillé, champignon… les descripteurs pour ce défaut lié au bouchage, ou plus précisément à la présence des tristement célèbres TCA (2,4,6 Trichloroanisol), sont nombreux et peu flatteurs. Mais soyons honnêtes, la présence des TCA dans le vin n’est pas toujours liée au bouchon de liège, ils peuvent également provenir de l’utilisation de produits d’entretien à base de chlore ou encore de certains matériaux de construction. Ainsi des problèmes de goût de bouchon ont également été présents dans des bouteilles de vin fermé avec du plastique ou de l’aluminium.

L’image du bouchon de liège a néanmoins beaucoup souffert de cette problématique. En 2002 « Monsieur Bouchon » a même été enterré symboliquement à New York, en présence d’illustres personnages comme Jancis Robinson.

Pour en savoir plus, j’ai volontairement accepté l’invitation d’Amorim, premier producteur de bouchons de liège au monde, de venir voir leur production et leurs efforts entrepris depuis 10 ans environ, pour diminuer, voir éradiquer les problèmes dans le vin liés au liège.

« La dégradation de l’image du liège et l’arrivée massive des modes de bouchage alternatifs a été vécu comme un choc par l’industrie du bouchon. Le point positif est que cela nous a obligé à réagir et de remettre en question notre production et la qualité de nos produits. Il fallait développer des processus fiables pour l’extraction des TCA du liège, mais également mettre en place des mesures préventives pour diminuer les risques », affirme Miguel F.A. Ferreira Cabral, responsable du département recherche et développement chez Amorim.

Depuis, certaines mesures simples ont considérablement diminué les risques de contamination sur le liège récolté : les plaques d’écorce ne passent désormais plus les 9 mois de séchage à l’air libre obligatoires dans les forêts où le risque de contamination par des moisissures est élevé, mais dans des parcs aménagés avec des sols en béton. Aussi, la partie basse de l’arbre, en contact avec le sol, est écartée de la production. Après une contrôle visuel sévère et l’écartement d’autres « zones à risque » du liège, de nombreux lavages à l’eau chaude et à la vapeur sont censé d’extraire les TCA restants et de réduire leur présence à l’état de traces, non détectables par l’être humain.

Mais en plus de ces fabuleuses capacités à garder nos vins, le bouchon de liège présente bien d’autres avantages. C’est un produit naturel, élaboré à partir de l’écorce de Quercus suber ou chêne liège, récolté tous les 9 ans environ. Les immenses forêts de liège se trouvent toutes autour de la Méditerranée, principalement au Portugal et en Espagne, mais également en Tunisie, en Algérie et au Maroc. Outre leur importance pour le monde du vin, la survie et l’entretien des forêts pourraient se révéler importants, voir indispensables pour tout le pourtour méditerranéen. Mis à part le fait qu’ils font partie des « hot spots » de la biodiversité au monde, ils sont en effet la plus grande, voir la seule barrière contre la désertification menaçante du sud de l’Europe.



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