Paroles de vignerons - Vinparleur - Winzer talk

Côte Rotie, Saint Joseph, Cornas... Les vendanges de l’impossible

7 novembre 2012, par Sebastian Nickel

De Vienne à Valence, sur la rive droite du Rhône, se dressent tel un mur de vignes les Côtes du Rhône septentrionaux sur des parcelles et des terrasses granitiques et escarpées : Côte Rôtie, Condrieu, Saint Joseph, Cornas et Saint Péray du nord au sud. Rive gauche, la situation semble moins théâtrale. En tout cas ce qui concerne le vignoble de Crozes Hermitage, la plus grande des AOP du nord, avec une topographie plus sereine et plus vallonnée. Pour y trouver des terrasses et des vignes qui s’accrochent au-dessus des eaux calmes et profondes du Rhône, il faut s’avancer vers la colline d’Hermitage, une des montagnes sacrées du monde vinicole.

La vue est magnifique dans ces vignobles, d’en haut comme d’en bas, côté ciel comme côté fleuve. Et oui, c’est exactement ça : par moment ces vignobles semblent suspendus quelque part entre le grand fleuve tranquille et le ciel bleu clair. On peut d’ailleurs avoir la même impression au palais en dégustant les vins les plus réussis de ces terroirs…

Mais si les vignes se plaisent dans ces lieux à la topographie et géologie peu commune, leur culture demande des efforts supplémentaires aux hommes et femmes. Tandis que dans d’autres parties de la vallée du Rhône le choix entre une culture mécanisée ou plutôt manuelle revient aux exploitants, ici c’est la folie de la nature et du terrain qui s’impose. Construire et entretenir des murettes pour retenir la terre, labourer le sol avec des tracteurs chenille et au treuil, maintenir l’herbe par la pioche, attacher le végétal de chaque pied de vigne à son échalas, transporter l’appareil à traitement sur le dos - tout se fait à la main et avec les pieds, la force des pentes ne laissant que peu de place aux machines.

Il en va évidemment de même pour les vendanges, qui se déroulent habituellement courant septembre et début octobre. Les équipes de vendangeurs montent dans le vignoble à la fraîcheur du matin, d’abord en voiture, mini bus et tracteur, puis à pied. Les coupeurs se déploient dans les rangs et sur les terrasses, tandis que les porteurs font des allers-retours avec leurs hottes sur le dos, afin de cueillir les raisins coupés. Ce travail permet un premier tri de la vendange, avant le transport des raisins à la cave dans des cagettes ou dans des petites bennes. Aux efforts traditionnels des vendangeurs - les éternels vas et viens, les dos courbés, la marche pénible sur les sols caillouteux, le poids du seau plein de raisins - s’ajoutent ici la pente. Parfois fort de 50% ou plus, on la parcours en suivant de petits chemins et des escaliers en pierre entre les terrasses jusqu’aux tracteurs.

Faut-il être fou pour venir et revenir faire les vendanges dans ces vignobles ? Passionné au moins, voir amoureux de cette terre et sa tranquillité, de ces terrasses et leur vue sur la vallée du Rhône, et du vin, bien évidemment. Et vous savez tous que ça aide, l’amour, à rendre les pentes plus douces et les seaux moins lourds, et que ça permet de travailler avec le sourire. Car ceux qui ont déjà fait des vendanges savent, que plus c’est pénible, plus on rit. Au plus tard le soir, les pieds au repos, un verre de syrah à la main…



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