Comme tous les cépages, le VIOGNIER aime surprendre. D’abord par ses lieux d’habitation. Car si on l’attend surtout dans le RHÔNE, dans les vignobles MÉDITERRANÉENS ou dans la NAPA VALLEY, il a également choisi de se réserver une petite parcelle sur les 2e et 3e terrasses du Lot, juste au-dessus des bâtiments du Château du Cèdre.
Château du Cèdre blanc
D’autre part, ce VIOGNIER surprend par ses arômes et son goût. Ici pas de surenchère en puissance, gras et abricot (même si il y en a un peu). Non, c’est plutôt le caractère floral qui est mis en avant, ainsi qu’une minéralité qui donne beaucoup de légèreté et de continuité en bouche. Rond et doux au palais, l’aromatique évolue au bout d’une trentaine de minutes en ajoutant un peu de beurre, de noisettes grillées ainsi que des amandes fraîches au bouquet. Élégant, succulent, surprenant ce VIOGNIER du Lot.
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE Grâce à sa minéralité et sa complexité aromatique bien déterminées, ce vin sait faire face au plus forts : une salade KIMCHI par exemple, puissance pimentée de la cuisine coréenne, un CURRY DE LÉGUMES au lait de coco, ou, moins exotique, un risotto au poireau et champignons.
ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE Ce vin aime tout ce qui vient de la rivière, mais ne renonce pas non plus la mer : écrevisses, truites, Saint Jacques… même des moules à la crème d’estragon. À l’apéritif il fait facilement « copain copain » avec une rillette de saumon, mais également avec une terrine de lapin aux pistaches.
J’APPRÉCIE... DES BULLES EN DOUCEUR : #CHAMPAGNE PAUL LEBRUN DEMI-SEC
J’avoue que j’ai failli me faire piéger sur ce champagne. Servi hors de mon attention, à l’aveugle donc, j’ai trinqué et dégusté tout en continuant la discussion avec ma voisine de table. Au bout de quelques gorgées, le vin m’a interpellé. Ayant bien reconnu le style PAUL LEBRUN, je n’arrivais pourtant pas à déterminer quelle cuvée se trouvait dans mon verre. D’abord je le pris pour le GRANDE RÉSERVE, mais le vin semblait plus épais, plus doux, malgré les bulles bien pointus qui traversaient mon palais. Mais son aromatique était plus portée sur les fruits rouges et la menthe poivrée, alors que la GRANDE RÉSERVE s’aventure d’avantage sur les fruits jaunes et les fleurs, mettant en avant sa légèreté et sa finesse.
Champagne Paul Lebrun
Pour couper court à mon suspense, je suis allé chercher la bouteille au frigo afin de consulter l’étiquette : c’était la cuvée demi-sec de la maison, dosée à pas moins de 37 g/L. Si c’était un vin tranquille, on le classerait parmi les vins moelleux. Dans les champagnes, c’est l’acidité des raisins qui s’oppose à cette douceur, ainsi que l’effervescence. Le vin parait alors plus léger, plus fluide qu’un vin tranquille avec la même quantité de sucres résiduels. La cuvée demi-sec se positionne proche de la CARTE d’OR, « vin d’accueil » de la cave. Tous deux sont élaborés à partir de l’unique CHARDONNAY, cultivé sur la Côte des Blancs et dans le Sézannais plus au sud.
ACCOMPAGNEMENT HERBIVORE À l’apéritif, avec quelques toasts et un CHUTNEY de TOMATES VERTES. Ajoutez-y un FOIE GRAS artisanal, pour avoir un parfait ACCOMPAGNEMENT CARNIVORE. Avant le dessert, allez chercher un bout de vieux parmesan sec, qui se casse au lieu de se couper. Il adore le sucre autant que les bulles…
J’apprécie... le 2008 millésimé de Champagne Paul Lebrun
Voici un millésime comme on n’en trouve pas souvent en Champagne. Marqué par la fraîcheur et une maturation lente, il lui a fallu pas moins de cinq hivers dans la tranquillité de nos chais pour s’épanouir pleinement. Une couleur or clair, des trains de bulles rapides et réguliers qui éclatent comme des étincelles à la surface du vin. Le premier nez discret propose des arômes citronnés, mentholés et floraux, pour s’ouvrir patiemment sur une belle complexité : pamplemousse, confiserie, pêche blanche, poire, coing… Un festival de fruits ! La bouche est très droite, tendue et minéral, avec une finale crémeuse, une effervescence persistante très bien intégrée, agrémentée de quelques notes de litchi, de noisette et de brioche.
Hummer
Tandis que la rondeur et les arômes de fruits secs du millésime 2004 en faisaient davantage un Champagne d’apéritif et de dessert, le millésime 2008 fera face avec élégance et finesse aux fruits de mers nobles tel la langouste et le homard. Un champagne de connaisseurs, un millésime d’anthologie…
J’apprécie... le #Cahors Cuvée Le Cèdre 2011 de Pascal et Jean-Marc Verhaeghe
Ce 100% Malbec de Cahors semble parfaitement conscient de son pouvoir de séduction et joue ouvertement avec ses atouts : un nez explosif, une bouche dense et crémeuse, une finale (très) longue, fraîche et minérale.
Le Cèdre 2011 - Château du Cèdre Cahors
D’envoûtants arômes de framboise, de violette, de pâte d’amande et de noisettes grillées captent rapidement toute l’attention de nos cilles olfactives, tandis que les papilles gustatives font des roulades entre la surprenante douceur de la texture et l’impressionnante densité des tanins. Un vin qui déchaine la passion, réclame l’attention et mérite de la bienveillance en cuisine (un filet de sandre au speck et câpres dans sa jeunesse, un filet de chevreuil accompagné de cerises noires après quelques années de vieillissement…).
J’apprécie… Domaine Santa Duc #Vacqueyras 2010 #rhone #vin
J’adore le millésime 2010 en vallée du Rhône ! Ceux qui visitent ce blog régulièrement l’auront déjà compris
Domaine Santa Duc Les Aubes Vacqueyras 2010
C’est alors avec plaisir et pas mal d’attente que j’ai ouvert cette bouteille issue des parcelles que cultive Yves Gras sur le terroir de Vacqueyras. Une majorité de Grenache, secondé par la Syrah, crée un bouquet marqué par les pruneaux, le pain d’épice et le chocolat, avec un caractère aussi sauvage et insoumis que les Dentelles de Montmirail, étonnante formation de roches calcaires qui surplombent le village. La bouche expressive se montre généreuse et vive à la fois, avec de beaux tanins vigoureux non sans finesse et ne cherche pas à cacher ses rondeurs typiquement rhodaniennes.
Comme l’exige les grands millésimes, le vin est harmonieux et « en place », mais mérite un certain soin pour être apprécié dans sa jeunesse. Servi aujourd’hui, il se sentira mieux à 16°C et présenté dans une carafe. Quelques années de vieillissement promettent une évolution vers une belle complexité aromatique. Dans tous les cas, ce vin aime se faire accompagner par des saveurs à la hauteur de son expression puissante : viandes de bœuf, de taureau ou d’agneau, épices méditerranéens, tomates confites, parmesan ou cantal entre-deux…
Bien évidemment il y a un petit côté « déjà vu » quand on déguste la cuvée Prestige de la Maison Paul Lebrun à Cramant, car ce vin présente certains points gustatifs communs avec ses petits frères et sœurs du même domaine.
Champagne Paul Lebrun Cramant
C’est normal, voire c’est même souhaitable que le vigneron, la vigneronne dans ce cas, laisse son emprunte sur une gamme de vin. Ici c’est le côté aromatique qui nous rappelle l’origine de ce 100% Chardonnay. Les Vignier-Lebrun ont pour habitude de faire vieillir leurs champagnes sur lattes pendant un bon bout de temps, afin de les proposer à pleine maturité gustative à leurs clients. Une exception de cette philosophie peut être faite sur la benjamine de la gamme, la cuvée Carte d’Or, qui se veut souvent plus rafraîchissante, plus mentholée et plus citronnée que les autres vins.
Voici alors la doyenne, la grande cuvée du domaine, créée il y a de nombreuses années déjà. Issue des plus belles parcelles de vignes sur la Côte des Blancs, elle présente une couleur doré plutôt soutenue, avec des bulles régulières et très, très fines. C’est le nez qui rappelle le style de la maison : un bouquet bien mûr de pèche et abricots, de fruits secs, de crème brûlée, de vieil Armagnac et de tabac blond. Un nez qui vous invite à vous asseoir, à vous détendre et à prendre votre temps. La bouche est dense, crémeuse, et les fines bulles sont bien présentes sans jamais s’imposer. Vin structuré, il demande presque à être mangé, à être mâché consciencieusement, afin de révéler la totalité de son potentiel gustatif.
C’est un vin que je préfère apprécier « en solo », peut-être juste accompagné de quelques bons amis... Besoin de rien, envie de bulles !
Détrompez-vous, il n’y a pas QUE des GRANDS vins dans le Sud Ouest !
J’avoue, depuis quelques années je suis devenu un fervent défenseur des vins du Sud Ouest de la France. Tout a commencé avec la découverte d’ENORMES Malbec de Cahors, des Jurançon sec cosmiques et quelques Madiran intimistes avec des caractères bien trempés et beaucoup de finesse. Complexes, juteux et atypiques, ces vins sont souvent dotés d’une capacité de vieillissement extraordinaire, mais également avec une buvabilité surprenante dans la jeunesse. De grands vins, tout simplement. Depuis, je pense souvent que dans le vin et le goût, il y a la France et il y a le Sud Ouest.
Cèdre Héritage Gros Manseng
Mais il y a quelques jours, j’ai trébuché sur une bouteille de Pascal Verhaeghe du Château du Cèdre, que je n’avais jamais goûté : Le Cèdre Héritage 2010, un Côtes de Gascogne moelleux fait avec du Gros Manseng. Un vin aussi curieux qu’annonce l’étiquette ? Plutôt, car la couleur paille intense et étincelante promet un vin bien mûr et puissant. Et c’est vrai que le bouquet est très intense, mais loin d’être surchargé : un peu de foin et des fleurs sèches, des noix, de la vanille et une touche de miel. Plutôt appétissant. La bouche est étonnamment légère, un peu douceâtre, avec une acidité modérée et agréable. Les arômes de pomme et de poire dominent ici et on retrouve les fleurs (fraîches cette fois-ci), ainsi que le miel. Un vin facile à boire, une bouteille à ouvrir sans hésiter pour l’apéritif ou sur une Tarte Tatin à la poire et des crêpes avec des pommes caramélisées saupoudré de pralin.
Vous voyez, petit, facile et bien bon à boire… ça existe aussi dans le Sud-Ouest !
En ce qui concerne l’élaboration du Clos l’Abbé, Champagne d’Hubert Soreau, je peux confirmer qu’il s’agit vraiment d’un travail d’orfèvre. Issu de trois petites parcelles situées dans l’historique Clos l’Abbé à Épernay (un des plus vieux clos de la Champagne, car on peut dire avec certitude que la vigne y poussait déjà au 9e siècle !), ce vin est élaboré avec un seul et unique cépage, le Chardonnay. J’aime le Chardonnay, car ce cépage arrive souvent à me surprendre, à se présenter d’une façon inattendue. Il peut être subtil et discret, gras et paresseux, puissant et léger, beurré, citronné, vanillé, minéral ou pointu, charnu et juteux... Alors je devrais peut-être plutôt dire que j’aime « les » Chardonnay. Bien entendu il y également des Chardonnay qui sont parfaitement ennuyeux. Car ce n’est pas un cépage magique non plus et pour qu’il donne un vin digne de ce nom, il faut le traiter avec un minimum de respect.
CHAMPAGNE CLOS L’ABBE
C’est chose faite chez Hubert : taille « Chablisienne », pas de désherbage chimique, vendanges à la main en caissettes, pressoir vertical, vinification en fût de chêne, tirage pour prise de mousse manuelle et à l’ancienne (avec bouchon liège) et vieillissement sur lattes d’au moins 3 ans avant dégorgement.
Le dernier tirage du Clos l’Abbé a été fait début avril. Une excellente occasion pour moi d’y participer « de loin » en ouvrant une bouteille du Clos dégorgé il y a quelques mois : des bulles fines et régulières traversent le vin de couleur or pâle parfaitement limpide et brillant, pour former une légère couronne en surface. C’est assez apaisant...
Je l’ai d’ailleurs servi dans un verre à vin et non dans une flûte. Parfaitement adapté aux vins mousseux qui mettent surtout en avant leur aspect visuel, la flûte s’avère néanmoins trop étroite pour les Champagnes et autres mousseux qui possèdent des qualités olfactives supérieures. Ces derniers méritent plus d’espace pour s’exprimer pleinement.
Le Clos l’Abbé sortie du pressoir
Et le Clos l’Abbé profite amplement du volume que le verre met à sa disposition : pêche blanche et poire pour le côté fruit, des notes grillées, un peu de noisette et de la brioche beurrée côté gourmandise. Après quelques minutes et après avoir gagné un ou deux degrés en température, le bouquet s’enrichi de poivre blanc et de quelques fruits secs. Alors que je pourrais encore passer des heures le nez penché au-dessus du verre, je ne résiste pas à la tentation de le déguster et de le boire. L’ouverture sur une minéralité droite et tendue comme l’acier me surprend et me réveille de mes rêveries olfactives. Rapidement la vivacité fond et laisse place à la douceur et au gras. Le picotement des fines bulles, parfaitement intégré au vin, est présent du début jusqu’en finale, accompagné de l’aromatique déjà rencontrée au nez, enrichie de quelques notes d’amandes fraîches et de fleurs discrètes.
En goûtant ce vin c’est facile d’affirmer qu’un « Champagne peut accompagner un repas entier ». Je suggère de le servir tout seul en apéritif, puis de l’associer à une terrine de lapin aux pistaches et à la coriandre, à un poisson un peu gras en papillote avec du poivre blanc et de la vanille, le tout accompagné d’une polenta bien crémeuse, de passer ensuite à un bon bout de parmesan pas trop vieux et de terminer sur un classique de la patisserie française, le Paris-Brest...